« Les Rois Maudits »

Publié le par Bernard K

« Les Rois Maudits » est une série de sept romans historiques écrit par Maurice Druon entre 1955 et 1960 pour les six premiers tomes et en 1977 pour le septième tome. L’action du premier roman commence en 1314 la dernière année du règne du roi Philippe IV dit Philippe Le Bel. Ce roi (capétien en ligne directe) a trois fils : Louis (qui sera roi de France sous le nom de Louis X, dit Louis le Hutin, c'est-à-dire « l'entêté »), Philippe, comte de Poitiers (qui sera roi de France sous le nom de Philippe V1, dit « Philippe le Long »), Charles (qui deviendra roi de France sous le nom de Charles IV, dit « Charles le Bel ») et une fille Isabelle (Isabelle de France mariée à Édouard II, roi d’Angleterre et mère d’Edouard qui deviendra Edouard III roi d’Angleterre et Duc d’Aquitaine).

Les romans reposent sur des faits historiques réels, la mort à peu de temps d’intervalle de quatre rois de France (quatre rois en quatorze années, et la fin de des capétiens directs) et d’un pape.

Voici le prologue :

« Au début du quatorzième siècle,

Philippe IV, roi d’une beauté légendaire, régnait sur la France en maître absolu. Il avait vaincu l’orgueil guerrier des grands barons, vaincu les Flamands révoltés, vaincu l’Anglais en Aquitaine, vaincu même la Papauté qu’il avait installée de force en Avignon. Les Parlements étaient à ses ordres et les conciles à sa solde.

Trois fils majeurs assuraient sa descendance. Sa fille était mariée au roi Edouard II d’Angleterre. Il comptait six autres rois parmi ses vassaux, et le réseau de ses alliances s’étendait jusqu’à la Russie.

Aucune richesse n’échappait à sa main. Il avait tour à tour taxé les biens de l’Église, spolié les Juifs, frappé les compagnies de banquiers lombards. Pour faire face aux besoins du Trésor, il pratiquait l’altération des monnaies. Du jour au lendemain, l’or pesait moins lourd et valait plus cher. Les impôts étaient écrasants ; la police foisonnait. Les crises économiques engendraient ruines et pénuries qui, elles-mêmes, engendraient des émeutes étouffées dans le sang. Les révoltes s’achevaient aux fourches des gibets. Tout devait s’incliner, plier ou rompre devant l’autorité royale.

Mais l’idée nationale logeait dans la tête de ce prince calme et cruel pour qui la raison d’État dominait toutes les autres. Sous son règne, la France était grande et les Français malheureux.

Un seul pouvoir avait osé lui tenir tête : l’Ordre souverain des chevaliers du Temple. Cette colossale organisation, à la fois militaire, religieuse et financière, devait aux croisades, dont elle était issue, sa gloire et sa richesse.

L’indépendance des Templiers inquiétait Philippe le Bel, en même temps que leurs biens immenses excitaient sa convoitise. Il monta contre eux le plus vaste procès dont l’Histoire ait gardé le souvenir, puisque ce procès pesa sur près de quinze mille inculpés. Toutes les infamies y furent perpétrées, et il dura sept ans.

C’est au terme de cette septième année que commence notre récit »

Maurice Druon – Les Rois Maudits – Livre 1 : le Roi de Fer (le livre de poche)

L’ordre des Templiers (je vais essayer de résumer) était un ordre militaro-monastique, de chevaliers donc de nobles, dont le but premier était la protection des pèlerins vers Jérusalem lors de la Guerre Sainte et des croisades. L’ordre fut fondé en 1120. Les Templiers suivaient les règles des moines bénédictins (règles bien sûr adaptées au genre de vie menées pour les moines chevaliers, donc à des guerriers). Les Templiers apportèrent une importante aide financière aux croisés, même aux rois. L’ordre du Temple fit et fait encore l’objet de nombres de légendes. C’est la puissance financière de l’ordre qui grandit durant ces presque deux siècles que combattit le roi Philippe Le Bel.

Pourquoi ce titre de « Rois Maudits » ? Au terme de ce long procès fait de mensonges, de faux témoignages, de tortures, d’aveux extorqués le grand maitre des Templiers Jacques de Molay est condamné au bucher et avant de mourir il crie :

« Pape Clément!... Chevalier Guillaume!... Roi Philippe!... Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Maudits ! Tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races ».

Maurice Druon – Les Rois Maudits – Livre 1 : le Roi de Fer (le livre de poche)

Jacques de Molay mourut le 18 mars 1314

Le pape Clément V est mort le 20 avril 1314. Le roi Philippe mourut le 29 novembre 1314. Son fils Louis meurt le 5 juin 1316, le fils de Louis X Jean 1er dit « Jean le Posthume » ne vécut que cinq jours, Philippe V meurt en 1322, Charles V meurt en 1328. Charles V est le dernier roi capétien en ligne direct. Le roi Philippe VI est un roi capétien de la branche cadette, de la maison de Valois. En fait le seul héritier en ligne directe de Philippe Le Bel est…. le fils d’Isabelle de France le roi d’Angleterre Edouard III. C’est bon ? Vous arrivez à suivre ? C’est ce problème de succession de Charles V qui sera l’un des prétextes de la Guerre de Cent Ans.

Maurice Druon nous plonge dans l’Histoire de France, même si elle est un peu trafiquée. Par exemple Guillaume de Nogaret (le chevalier Guillaume cité par Jacques de Molay) le garde des sceaux était mort en avril 1313. Mais rappelons ce ne sont que des romans et non pas des essais historiques. Ce sont des romans comme le sont « Les Trois Mousquetaires » ou « La Reine Margot » de Dumas.

Pour finir je vais rapidement parler de Maurice Druon (1918 – 2009) : il a reçu le prix Goncourt en 1948 pour son roman « Les Grandes Familles ». Elu en 1966 à l’Académie Française où il occupa le 30ème fauteuil, il est élu secrétaire perpétuel de l’Académie Française en 1985. Poste qu’il occupa jusqu’à sa démission en 1999. Il fut nommé Secrétaire perpétuel honoraire à partir du 1er janvier 2000. Il a été Ministre des Affaires culturelles entre 1973-1974 sous le Président Valéry Giscard d'Estaing. Il a participé à la Résistance. Il quitta la France en en 1942, et après avoir traversé clandestinement l’Espagne et le Portugal il s’engagea dans les rangs de la France Libre, à Londres. Aide de camp du général d’Astier de La Vigerie, puis attaché au bulletin « Honneur et Patrie » de Radio Londres ; avec son oncle Joseph Kessel il compose les paroles du « Chant des Partisans » en 1943. Joseph Kessel c’est le journaliste, l’aventurier, l’aviateur, le romancier, l’académicien.

Voilà !!!

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