Notre Dame de Paris

Publié le par Bernard K

« Paris, lundi 15 avril 2019. Un incendie a éclaté sur la toiture de la cathédrale Notre Dame de Paris. »

Le Parisien : 15 avril 2019, 19h14

« Paris, lundi 15 avril 2019. Un incendie a éclaté sur la toiture de la cathédrale Notre Dame de Paris. » Le Parisien : 15 avril 2019, 19h14 - LP/Olivier Arandel.

« Paris, lundi 15 avril 2019. Un incendie a éclaté sur la toiture de la cathédrale Notre Dame de Paris. » Le Parisien : 15 avril 2019, 19h14 - LP/Olivier Arandel.

Jeudi 11 avril 2019. Mon idée première, mon but, était d’aller visiter ce que certains  ouvrages et guides touristiques tiennent pour la plus vieille église de Paris l’église Saint-Julien-le-Pauvre dans le 5ème arrondissement dans le quartier Latin, non loin du boulevard Saint-Michel.

Je descendis à la station de métro Hôtel-de-Ville traverse la Seine et l’Ile de la Cité. Sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame la foule était nombreuse mais la file d’attente pour entrer dans la cathédrale était petite. Changement de programme : visite de Notre Dame.

Sa silhouette remarquable aux deux tours sans flèche, son nom popularisé par Victor Hugo puis plus tard par les studios Disney ; mais en ce jour d’avril 2019 pas d’Esméralda, pas de Quasimodo, pas de Claude Frollo, pas de Pierre Gringoire, mais des touristes  de tous pays.

En rentrant en ce milieu d’après-midi, j’ai commencé à rédiger un article, tranquillement, ne pas se presser pour l’écrire. Le mettre en ligne deux ou trois jours plus tard ou dans trois semaines qu’importe.

Ce lundi 15 avril, un peu avant 20h00 j’allume la télévision pour écouter l’allocution du Président Macron. J’entends stupéfait l’information « Grave incendie à Notre Dame de Paris ».

Une grande tristesse de voir les flammes sortir de ce magnifique monument, l’un des symboles de Paris, que j’avais visité cinq jours plus tôt.

Notre Dame de Paris, brandend. 15 april 2019 - Wikimedia Commons - CC BY-SA 4.0

Notre Dame de Paris, brandend. 15 april 2019 - Wikimedia Commons - CC BY-SA 4.0

 

Une « cathédrale » est « l’église principale d’un diocèse où se trouve le siège de l’évêque du lieu, symbole de son autorité et de sa mission apostolique. » Source : eglise.catholique.fr/glossaire

Et à la rubrique « évêque » : « Aux premières années de l’Église, les apôtres établirent, à la tête des communautés chrétiennes, des responsables, appelés épiscopes ; ils leur imposèrent les mains, comme le relatent les Actes des Apôtres et les Épîtres de saint Paul, pour leur transmettre, en même temps que le don de l’Esprit Saint, les fonctions responsables qu’eux-mêmes avaient reçues du Christ : enseigner, baptiser, célébrer l’Eucharistie, rassembler et conduire. Par leur ordination épiscopale, les évêques (choisis parmi les prêtres) reçoivent, comme les apôtres, la plénitude du sacrement de l’ordre. Ils sont les successeurs des apôtres. Un évêque est le signe de l’unité de l’Église locale. » Source : eglise.catholique.fr/glossaire

La cathédrale Notre Dame de Paris est située dans l’Ile de la Cité (considérée comme le berceau de Paris, le Lutèce romain) dans le 4ème arrondissement le long du bras sud de la Seine.

Des fouilles menées sous le parvis et sous la cathédrale ont mis à jour des fragments de colonnes et de chapiteaux, de mosaïques un bâtiment à cinq nefs long d’environ 70 mètres, peut-être une basilique d’un christianisme primitif, semblable aux basiliques romaines (qui étaient des lieux publics civils et servant de salles de réunion). Basilique peut-être construite sur les vestiges d’un temple romain. Une assemblée de chrétiens se réunissant au début du Vème siècle dans l’ile est mentionnée, on peut penser qu’il se réunissant dans un bâtiment.

La première cathédrale était dédiée à Saint-Etienne (un des premiers martyrs chrétiens).  Mais la date de sa construction n’est pas certaine, entre le IVème siècle et le VIIème siècle. Peut-être des parties provenaient de réemplois d’un temple romain et d’un précédent édifice. La cathédrale Saint-Etienne qui semble avoir été soigneusement entretenue, réparée et remaniée sera utilisée jusqu’au XIIème siècle. La façade de cette cathédrale Saint-Etienne se trouvait un peu plus à l’ouest (environ 50 mètres) de la façade de l’actuelle cathédrale. Un baptistère appelé Saint-Jean le Rond  a été découvert au XIXème sous le chœur actuel. Un baptistère est un « petit édifice circulaire ou polygonal situé hors de l’église, réservé à la célébration du baptême par immersion. » Source : eglise.catholique.fr/glossaire

Au XIIème siècle, sous le règne de Louis VII (1120 – 1137 – 1180) l’évêque Maurice de Sully décide de faire construire, dans une capitale qui se transforme politiquement économiquement et intellectuellement,  à la place de cette cathédrale Saint-Etienne une nouvelle cathédrale plus grande, plus longue, plus haute et dans un style nouveau le style « ogival » que nous appelons « gothique ». La nouvelle cathédrale sera dédiée à la Vierge Marie mère du Christ. Mais plus que la construction d’un nouvel édifice c’est le réaménagement urbain de cette partie de l’Ile de la Cité qui est projeté.

L’Ile de la Cité est partagée en deux parties : à l’ouest la partie temporelle avec le Palais, résidence et lieu de pouvoir des rois de France  (le Palais de Justice), à l’est la partie spirituelle avec la cathédrale et l’ensemble épiscopal.

Long de 127 mètres et large de 40 mètres l’édifice est impressionnant. Le vaisseau central de la nef (composée de cinq vaisseaux) est long de 54 mètres, large de 13 mètres et haut de 33 mètres.

Voulue donc par l’évêque Maurice de Sully, le nom de son premier architecte ou maitre d’œuvre nous est inconnu. La pose de la première pierre est traditionnellement datée de 1163, sa construction s’acheva en 1351.  Les plans au cours de ces presque deux siècles subirent de nombreuses modifications. Les reprises, les ajouts, les reconstructions furent nombreux et importants : parties hautes, tours, galeries, tribunes, terrasses, charpente, transept, même les arcs-boutants ont été reconstruits. Les chapelles qui ne faisaient pas partie du projet initial ont été ajoutées au XIIIème siècle.

Mais les aménagements ne s’arrêtent pas avec la fin de la construction. Remaniement complet du chœur sous Louis XIV pour faire suite à la volonté de son père Louis XIII de vouer le royaume de France à la Vierge, reconstruction de la façade, destructions des gargouilles des tours, restauration de la Rose sud, remplacement des vitraux, nouvelle sacristie, réaménagement du portail central.

L'archevêché et Notre-Dame (XVIIème siècle)-  dessin - Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

L'archevêché et Notre-Dame (XVIIème siècle)- dessin - Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Pont de la Tournelle (XVIIIème siècle) – dessin - Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Pont de la Tournelle (XVIIIème siècle) – dessin - Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Alexandre Moitte  (1750-1828) - Vue extérieure de Notre-Dame prise au moment de l'arrivée des Gardes françaises et suisses, le jour de la bénédiction des drapeaux (1782) – dessin - Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Alexandre Moitte (1750-1828) - Vue extérieure de Notre-Dame prise au moment de l'arrivée des Gardes françaises et suisses, le jour de la bénédiction des drapeaux (1782) – dessin - Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Sous la Révolution bien sûr : la flèche est démontée, les statues de la galerie des Rois (d’Israël et non de France) sont détruites ainsi que les grandes statues des portails. L’édifice est transformé en temple de la Raison. Il est rendu au culte sous le Consulat.  Et c’est sous les voutes de Notre Dame que Napoléon se sacre empereur le 2  décembre 1804.

 

(Je rappelle que le sacre des rois de France se faisait  dans la cathédrale Notre-Dame de Reims et que leurs dépouilles reposent dans la basilique cathédrale de Saint-Denis.)

Toutefois de nombreuses cérémonies y sont célébrées « Te Deum » pour célébrer des victoires, présentations dans la nef de drapeaux pris à l’ennemi, cérémonies funèbres pour des personnages importants, des chefs de guerre.

Et nous en revenons à Victor Hugo qui en 1831 publie « Notre Dame de Paris » un roman qui aura rapidement un énorme succès.

Victor Hugo (1802 – 1885) - Atelier Nadar - photographie, tirage de démonstration - Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Victor Hugo (1802 – 1885) - Atelier Nadar - photographie, tirage de démonstration - Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Attribué à Gustave Le Gray (1820-1884) - Notre Dame de Paris vue de côté, depuis la rive gauche (1859) – photographie - Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Attribué à Gustave Le Gray (1820-1884) - Notre Dame de Paris vue de côté, depuis la rive gauche (1859) – photographie - Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Un mouvement en faveur de l’architecture gothique, la redécouverte du patrimoine national et un renouveau catholique font que en 1843 un concours pour la restauration générale de la cathédrale est lancé. Deux architectes Eugène Viollet-le-Duc et Jean-Baptiste Lassus remportent ce concours. Ils viennent d’assurer la restauration de la Sainte Chapelle du palais de la Cité (Palais de Justice).

Viollet Leduc - photographie, tirage de démonstration ; Atelier Nadar - Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Viollet Leduc - photographie, tirage de démonstration ; Atelier Nadar - Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

«Chaque partie ajoutée à quelque époque de ce soit doit être en principe conservée, consolidée, et restaurée dans le style qui lui est propre, et cela avec une religieuse discrétion, une abnégation complète de toute opinion personnelle » cité par Thierry Crépin-Leblond (conservateur général du patrimoine) dans «Cathédrale Notre-Dame Paris » Editions du Patrimoine.

Jean-Baptiste Lassus meurt en 1857 et Eugène Viollet-le-Duc continue seul la restauration de la cathédrale.

Paris. Cathédrale Notre-Dame. Façade occidentale (1859) – photographie – Source :Ville de Paris / BHVP / Roger-Viollet

Paris. Cathédrale Notre-Dame. Façade occidentale (1859) – photographie – Source :Ville de Paris / BHVP / Roger-Viollet

« Restaurer un édifice, ce n’est pas l’entretenir, le réparer ou le refaire, c’est le rétablir dans un état complet qui peut n’avoir jamais existé à un moment donné. » écrit Eugène Viollet-le-Duc  dans son « Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle ». Ainsi une nouvelle flèche de 96 mètres de haut est construite, le portail de la Vierge est refait, le bestiaire fantastique et les gargouilles sont recréés. Viollet-le-Duc  se représente même parmi l’un des douze apôtres sous les traits de saint Thomas en regardant la flèche de la cathédrale.

Le chantier commencé en 1847 s’acheva en 1864 avec la consécration de la cathédrale par Monseigneur Georges Darboy archevêque de Paris.

Eglise Notre-Dame : Paris (entre 1877 et 1892) - photographie – Source :Ville de Paris / BHdV

Eglise Notre-Dame : Paris (entre 1877 et 1892) - photographie – Source :Ville de Paris / BHdV

Au XXème siècle la cathédrale accueillera la célébration de l’Armistice de 1918 et la libération de Paris en 1944.

La cathédrale Notre Dame est inscrite aux Monuments Historiques depuis 1862 :

« L'île de la Cité est occupée depuis le 4ème siècle par un ensemble épiscopal (deux basiliques, un baptistère, et la résidence de l'évêque). Au 12ème siècle, l'évêque Maurice de Sully recompose l'ensemble et construit une cathédrale plus grande avec dégagement d'un parvis à l'ouest. Les travaux commencent en 1160 par le choeur. La cathédrale mesure 127 mètres de long, 40 mètres de large et 33 mètres de haut. Elle se compose d'une nef de cinq vaisseaux, d'un transept non saillant et d'un choeur à double déambulatoire. L'agrandissement des fenêtres hautes fait disparaître les rosaces des combles des tribunes. Début de la construction des tours en 1210. Construction des chapelles du milieu du 13e au début du 14ème siècle. Au 18ème siècle, Soufflot fait détruire le trumeau et une partie du tympan de la porte centrale de la façade occidentale pour faciliter les processions. Au 19ème siècle Viollet-le-Duc et Lassus entâment les travaux de restauration. »

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr

Inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO en 1991 avec les rives de la Seine.

« Du Louvre jusqu'à la tour Eiffel, ou de la place de la Concorde au Grand Palais et au Petit Palais, on peut voir l'évolution de Paris et son histoire depuis la Seine. La cathédrale Notre-Dame et la Sainte-Chapelle sont des chefs-d'œuvre d'architecture. Quant aux larges places et avenues construites par Haussmann, elles ont influencé l'urbanisme de la fin du XIXe et du XXe siècle dans le monde entier. »

whc.unesco.org/fr/list

photographie prise le ‎6 ‎novembre ‎2016

photographie prise le ‎6 ‎novembre ‎2016

photographie prise le ‎6 ‎novembre ‎2016

photographie prise le ‎6 ‎novembre ‎2016

photographie prise le ‎6 ‎novembre ‎2016

photographie prise le ‎6 ‎novembre ‎2016

photographie prise le ‎6 ‎novembre ‎2016

photographie prise le ‎6 ‎novembre ‎2016

Les autres photographies ci-dessous ont été prises le jeudi 11 avril 2019

Notre Dame de Paris
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Photos  © Bernard-K.Project (sauf indications)

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